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mercredi, juin 11, 2014

HYDRO-QUÉBEC, VOS BOBETTES ET CONDOLEEZA RICE



Par Mario Dufour

Dans la documentation de Langis+Gyr, le fabricant des compteurs à radiofréquences qui fournit Hydro-Québec, on apprend que la sécurité des données est assurée par la solution Gridstream RF, qui utilise des algorithmes cryptographiques développés par la firme de cybersécurité RSA et approuvés par la NSA. (1)
La NSA (National Security Agency) est une agence états-unienne d’espionnage. Elle fait face à un scandale planétaire depuis qu’Edward Snowden, un sous-traitant, a dénoncé en juin 2013 ses activités illégales. Elle enregistre toutes les communications auxquelles elle a accès. Elle fait dans l’espionnage industriel. Elle étudie vos comportements à partir des métadonnées même si elles sont cryptées. (2) Mais pour y arriver, il lui a fallu tricher.

La RSA serait complice, sinon infiltrée par la NSA. En décembre 2013, des chercheurs ont dévoilé que la compagnie avait accepté de faire la promotion de services et de systèmes de cryptage affaiblis en échange d’une dizaine de millions de dollars. En mars 2014, il a été révélé que d’autres outils de la firme avaient été savamment sabotés afin d’en permettre l’accès à la NSA. (3)

Lors d’un débat sur la sécurité nationale et la vie privée en avril 2014 à la John Hopkins University, on rappelait à l’ancien directeur de la NSA Michael Hayden, les paroles de Stewart Baker, un ancien Conseiller général de la NSA qui disait en novembre 2013 « Les métadonnées révèlent absolument tout à propos de votre vie… Les humains, nous sommes si prévisibles que ça en est embarrassant. »
« C’est tout à fait vrai », répondit Hayden avant d’ajouter « On tue du monde sur la base de ces métadonnées. »

Hayden était Directeur de la NSA en juillet 2001 lorsque Condoleeza Rice était Conseillère de la Sécurité nationale de la Maison-Blanche. Hayden aurait authentifié certaines sources des rapports des agences étrangères de renseignement qui avertissaient de la préparation d’une attaque terroriste impliquant l’utilisation d’avions comme missiles. Rice n’aurait pas cru bon d’en tenir compte. Le 11 septembre 2001 arriva ce qui devait arriver.

En 2002, elle participa à l’autorisation de techniques de torture pour des fins d’interrogatoires. La même année, Rice s’est aussi lancée dans une campagne de peur contre Saddam Hussein imagée de nuages en forme de champignon.

Début 2003, à la demande du Président Bush, elle aurait autorisé la NSA à mettre sur écoutes les téléphones des membres du Conseil de sécurité à l’ONU, surveiller leurs résidences, leurs bureaux et intercepter leurs courriels. Le tout en prévision du vote sur l’invasion de l’Iraq, qui a fait plus de 500,000 morts cette même année et qui continue à en faire une trentaine par jour en 2014.

En 2005, elle est nommée Secrétaire d’État et lors d’une entrevue à CNN elle fait la promotion des activités de surveillance sans mandat de la NSA.

Le 9 juin 2013, Edward Snowden offre à la planète entière une première révélation. Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, PalTalk, AOL, Skype, YouTube et Apple participent en connaissance de cause à l’opération PRISM de surveillance de la NSA. Le document indique que l’entreprise d’informatique en nuage Dropbox joindrait les rangs bientôt. (4)

Début avril 2014. La planète capote! Revenu Canada a fermé ses services en ligne. On a découvert une faille dans le programme de cryptage OpenSSL. Baptisée Bleedingheart, cette faille la NSA la connaissait depuis deux ans et l'utilisait à des fins d'espionnage. (5)

La poussière n’est pas retombée qu’on apprend que Condoleeza Rice se joint au conseil d’administration de Dropbox où elle prendra soin des droits des usagers explique Drew Houston, le président de la firme. Une tempête et une vaste campagne de boycottage s’amorcèrent sur le Net. (6)

Le 14 avril 2014, le réseau TVA révélait qu’Hydro-Québec avait octroyé le contrat du traitement des métadonnées de son infrastructure de compteurs à radiofréquences à C3 Energy, le partenaire obligé lorsqu'on mandate la firme Accenture comme maître d'oeuvre (voir les articles précédents ICI et ). Patrice Lavoie, porte-parole d’Hydro-Québec affirme alors que l’entreprise américaine a été choisie par appel d’offres et qu’elle est «tenue d’avoir les mêmes normes de sécurité extrêmement élevées qu’Hydro a mises en place : données cryptées, aucune information confidentielle qui voyage avec les données de consommation... » (7) Aucune mention du rôle de Condoleeza, qui siège au CA de C3 Energy. (8)

Vous avez juste intérêt à garder vos bobettes propres, vous pensez? Vous n’êtes pas habilité-e à juger de ce qui est sale ou propre. Condoleeza si.









lundi, avril 14, 2014

RENCONTRE AVEC UN SCAPHANDRIER DES ONDES




Par Mario Dufour 

MOI : Bonjour monsieur. Dites-moi. Pourquoi ça vous prend un scaphandre pour poser vos compteurs à radio fréquences s’ils ne sont pas dangereux?


LE SCAPHANDRIER : C'est comme en construction où ça prend des bottes et un casque.


MOI : Mais vous portez un scaphandre!


LE SCAPHANDRIER : C’est une visière pour me protéger du feu lorsque j’enlève le vieux compteur.


MOI : Hein? Et pour moi-même, « Il ne se sert pas de l’interrupteur, l’idiot. »


LE SCAPHANDRIER : Des fois ça fait Poof!


MOI : De toute ma vie, c’est la première fois que je vois un scaphandrier pour poser un compteur. De tout temps, l’installateur n’avait besoin que du casque jaune réglementaire…


LE SCAPHANDRIER : Ce n’étaient pas des installateurs de compteurs.


MOI : … pas d’habits spéciaux. Même que sur la publicité, le gars d’Hydro-Québec est tout sourire en installant son compteur avec son casque jaune et il porte tout au plus une paire de lunettes comme protection.


LE SCAPHANDRIER : Ce n’est pas un installateur de compteurs.


MOI : Tu me prends pour un innocent?


J’enfourche ma bicyclette et je détale avant de perdre les pédales et de dire des choses ou de faire des gestes que j'aurais pu regretter.


Quelques heures plus tard, je repense à cette conversation avec le scaphandrier et il n’avait pas tout à fait tort. 

Les employés d’Hydro-Québec ne posent pas des compteurs à radiofréquences, ils ne s’occupent que des compteurs de l’option de retrait qui n’émettent pas. Le scaphandre leur est inutile. POOF!

jeudi, janvier 30, 2014

COMPTEURS INTELLIGENTS, COMMENT LE LOUP CONÇOIT-IL LE FUTUR DE LA BERGERIE

C'est un cheval de Troie
La technologie du nouveau système de gestion de l'énergie que le Gouvernement du Québec, par l'entremise d'Hydro-Québec et de son consultant Accenture, tente d'implanter par l'imposition de compteurs Focus AX de Landis+Gyr du côté de l'ensemble des abonnés constitue ni plus ni moins un cheval de Troie corporatif.
L'opération planétaire à laquelle HQ participe a peu de lien avec une meilleure gestion du bien commun, mais tout à voir avec la satisfaction de l’avarice d’une classe dominante des pouvoirs financiers et industriels. Il leur est dorénavant nécessaire de tout connaître des habitudes de chacun en ayant accès à toutes les données que nous sommes susceptibles de produire. En étudiant nos habitudes, ils croient être en mesure de nous prévoir et d’orienter nos décisions vers un automatisme dans un objectif de profitabilité. Bienvenue dans l'Internet Of Things.
 Gestion du bien commun
À l'instar de nombreux distributeurs d'énergie et de gouvernements d'un nombre toujours grandissant de pays à sauter sur le train devant nous mener à toute vitesse au Nirvana de la planète intelligente, le GQ et HQ nous affirment que le Focus AX n'a d'autre fonction que de transmettre notre consommation d'énergie en temps réel. Cela constitue déjà un abus quand on comprend ce en quoi consiste l'analyse de ces données (Data Mining) et ce qu’elle est en mesure de révéler. HQ affirme également "La nouvelle technologie qu’Hydro-Québec met en place lui permettra d’offrir différentes fonctionnalités à l'avenir. À titre d’exemple, nos clients pourront suivre leur consommation et en faire une gestion judicieuse. Génial. Mais quoi d'autre?
Il est évident qu'un système numérique de gestion de l'énergie basé sur une plateforme Open Source et administré exclusivement par une autorité publique serait une avancée importante, qui avec les bons garde-fous pourrait offrir une multitude d'avantages pour les services aux citoyens. Maintenant, le projet mis en place par les géants de la finance et de ces industries a de tout autres objectifs.
Les loups à la rescousse du bien commun 
Le 11 avril 2013, HQ publie un communiqué de presse intitulé Les ressources prêtées par Accenture complètent la force de travail d'Hydro-Québec pour une durée limitée, dans le cadre de mandats précis et ne remplacent pas ses employés
On y apprend que 70 employés sont intégrés aux équipes HQ et qu'une vingtaine sont situés à l'extérieur du Québec. Il faut lire Mumbai. Accenture est une des plus importantes firmes de consultation en outsourcing, qui consiste à transférer les emplois vers un lieu où les conditions de travail et les réglementations sont plus laxistes afin de maximiser les profits. 
Accenture est également un des plus importants leaders planétaires du Data Mining et de l'Internet Of  Everything. Leur slogan stratégique se lit comme suit : "Il est plus facile de prévoir l'avenir lorsque nous le créons soi-même."

Les origines d'Accenture
Accenture s'appelait auparavant Andersen Consultant, le département de consultation de Arthur Andersen, la firme comptable derrière le scandale Enron. Suite à ce dernier, ils ont dépensé 2 milliards $ pour changer de nom et se refaire une virginité en s'incorporant aux Bermudes en 2001, puis ils ont déménagé leur "boîte postale" en Irlande lorsqu'un vent fiscal en provenance des États-Unis a commencé à souffler vers le paradis trop-fiscal.

Sur l'intégrité
En 2011 Accenture a accepté (sic) de payer près de 64 millions $ en amende aux ÉU pour avoir surfacturé des contrats en technologies de l'information et avoir trafiqué des soumissions.
Spécialistes de l'évasion fiscale et des montages frauduleux, ils offrent leurs services de prévention et de détection de la fraude, de collection des taxes et impôts, de réforme des pensions et pour plein d'autres sujets aux administrations publiques partout autour du globe.
Pour le développement des réseaux intelligents, Accenture s'associe un collaborateur, Siemens, avec qui elle partage certaines affinités. En effet, le 15 décembre 2008 Siemens a plaidé coupable et accepté (sic) de payer une amende de 395 millions $ pour corruption de fonctionnaires et autres malversations en Allemagne, 450 millions $ aux ÉU. Le nom de cette association est Omnetric et son objectif est d'aller au-delà des mesures de consommation d'énergie, de parfaire les systèmes d'intégration et les applications d'analyse des données. Ces visées s’étendent des centres d'opérations aux employés et jusqu'à l'engagement participatif du consommateur. Ce qui constitue une obligation dans les circonstances où nos gouvernements et nos distributeurs d’énergie imposent à la société publique la mise en place de l’infrastructure nécessaire.
Un écosystème
International Data Corporation (IDC) qualifie Accenture, de leader en gouvernance, en gestion du risque, en systèmes d'intégration des technologies et en services d'hébergement en plateforme Cloud  pour lesquels elle a annoncé en avril 2013 un investissement de $400 millions sur trois ans. Accenture est chez HQ à installer son matériel et ses logiciels selon le protocole IP du Cisco Smart Grid Ecosystem dont elle et Landis + Gyr, qui fournit nos compteurs sont membres. Ce protocole sert à établir un langage commun dans le développement d'objets de l'Internet industriel, du compteur à la brosse à dents, en passant par le frigo, la serrure de porte et l'auto, qui révèlent notre manière de vivre aux industriels. Le projet est de programmer l'humanité dans un écosystème (pour système économique) où notre environnement apprend nos habitudes afin de prévoir nos actions et nos "besoins" pour nous proposer des produits, voire prendre des décisions à notre place.
Encore une fois, lorsqu'un citoyen choisit de participer à une secte ou s'enfonce dans la cupidité comme on tombe dans la boisson, on va respecter son choix tant que ses activités ésotériques ne viennent pas irradier notre chambre à coucher ou qu'il ne se mette pas à rouler à tombeau ouvert à la grandeur du territoire. 
Mais cet écosystème ne laisse pas de place au libre arbitre et dans son manuel sur le Focus AX auquel HQ nous oblige, Landis+Gyr affirme que le compteur est conçu pour s'adapter facilement aux technologies de réseaux intelligents. Autrement dit, il saura s’adapter à l’évolution des systèmes d'intégration et des applications d'analyse des données.
 À la mi-janvier les médias corporatifs spécialisés en réseaux et en compteurs SmartGridNews.com et SmartMeters.com étaient extatiques à la nouvelle de l'achat de NEST Labs par Google. NEST produit un thermostat muni de senseurs qui étudie les habitudes de vie du consommateur et ajuste son environnement automatiquement. Il fait partie du smart grid ecosystem et y génère ses données sur vos habitudes et l’état de votre habitation, permettant ainsi de vous suggérer des produits d’isolation, par exemple. Ce n'est qu'un début, et la venue de ce créateur hyperactif de Big Bang Disruptors dans les objets utilitaires des résidences, la rapidité des développements technologiques et les promesses de profits que cela suscite a de quoi faire saliver les investisseurs.
Éducation des consommateurs
Roll-out  est le terme utilisé par l'industrie pour parler de l'implantation des réseaux intelligents. Pour que le roll-out soit un succès, il faut que l'ensemble de la bergerie qu’est pour elle l'humanité s’y engage et participe. Aussi SmartEnergy IP™ a imaginé un modèle d'éducation du consommateur de réseau intelligent à l'intention des pouvoirs exécutifs, des industriels, des fournisseurs et tout autre partenaire intéressé de l'industrie.

Répliquer au loup
Voilà comment le loup conçoit le futur de l'humanité, en accord avec son paradigme de prédateur. Heureusement, nous ne sommes pas des brebis.
Nos élus municipaux peuvent réglementer les émissions de radiofréquences sur leur territoire par principe de précaution et refuser l'installation des compteurs intelligents sur nos édifices municipaux. Ou, à l'instar du Gouvernement du Québec se plier au dictat du prédateur et se procurer leur copie du Smart Grid Customer Education Model™.




Références :